Il y a au moins un domaine dans lequel nous, êtres humains, sommes égaux: nous avons tous des biais cognitifs inconscients.

 

Ces mécanismes de survie nous permettent de décider vite pour agir vite.

Ce qui peut avoir des conséquences fâcheuses dans l’environnement complexe qu’est l’entreprise.

Alors comment minimiser leur impact?

La réponse est : le collectif. La co-construction collective bien orchestrée augmente l’engagement des collaborateurs et permet aux décideurs de prendre des décisions plus éclairées pour des solutions pérennes.

 

Mon expérience en conseil auprès des leaders d’affaires et technologiques m’a amené à faire les constats suivants :

  • La communication entre la direction et les équipes n’est pas fluide. Ce qui, au bout du compte, génère une déconnexion entre la stratégie et les opérations.
  • Les équipes reçoivent des messages contradictoires. Les actions qui en découlent manquent d’alignement avec les priorités stratégiques.
  • Le dirigeant(e) et son équipe de direction ont des comportements qui ne sont pas en phase avec la raison d’être et les valeurs de l’entreprise. Cela a des répercussions sur les équipes en termes d’efficacité et d‘ambiance de travail.

J’en ai fait ma quête : comment rétablir la connexion ? Qu’est-ce qui est possible pour aller ensemble dans la bonne direction et livrer de l’excellence dans un environnement stimulant, respectueux et ouvert aux opportunités?

C’est en lisant le magnifique ouvrage L’Excellence décisionnelle – La clé du succès dans l’excellence opérationnelle d’Olivier Zara* que j’ai réalisé l’ampleur de nos biais cognitifs. L’auteur y consacre un chapitre entier.

http://www.axiopole.com/book/l-excellence-decisionnelle

Savez-vous que nous avons 188 biais cognitifs inconscients **? C’est fascinant : notre cerveau simplifie la réalité, fait des raccourcis pour décider plus vite et donc agir plus vite. Les biais sont regroupés en quatre grandes catégories :

  1. Nécessité de faire le tri
  2. Sélection des souvenirs
  3. Nécessité d’agir vite
  4. Pas assez de sens

Voici, à titre d’exemple, trois biais qui ont une influence directe sur le processus décisionnel en entreprise :

Le biais du statu quo traduit la résistance au changement et une attitude mentale dans laquelle toute nouveauté est perçue comme engendrant plus de risques que d’avantages. On préfère que les choses restent à l’identique ou évoluent le moins possible. On préfère minimiser les pertes que prendre des risques pour gagner plus.

Le biais de croyance consiste en la formation d’hypothèses et la prise de décisions en fonction de ce que l’on désire ou que l’on se plaît à imaginer au lieu de prendre en compte l’évidence, la rationalité et la réalité.

Le biais de congruence consiste à vouloir mettre en œuvre et tester exclusivement une seule hypothèse, sans tester des hypothèses alternatives.

Finalement, ce n’est pas notre faute…

Mais alors comment les déjouer dans un contexte de décision en entreprise ?

Le collectif est la seule façon de réduire l’impact de ces biais.

Le collectif, oui, mais pas à n’importe quelles conditions. La réflexion collective doit être organisée pour ne pas tomber dans d’autres biais : par exemple, celui de l’argument d’autorité qui conduit à donner plus de valeur aux idées du chef qu’à celles de ses collaborateurs. D’où l’importance de le faire parler en dernier.

Ou celui de la pensée de groupe en particulier avec un groupe homogène dont la volonté d’appartenance est plus forte que celle d’afficher son point de vue individuel.

La réflexion collective crée de la valeur ajoutée s’il y a une bonne représentativité de la diversité des rôles qu’ils soient fonctionnels (Opérations, Marketing, Technologie) ou hiérarchiques (exécution, stratégique).

Bien orchestrée, la réflexion collective est un outil incroyablement puissant. Elle réduit les risques décisionnels, elle accroît l’efficacité des réunions, augmente l’engagement des équipes et la confiance en l’avenir.

Dans le contexte actuel où beaucoup d’organisations explorent de nouvelles façons de travailler, la co-construction collective me semble la voie à suivre pour prendre des décisions éclairées, pérennes et rétablir la connexion. Elle crée indirectement un impact positif sur le recrutement et la rétention des talents.

Quel est votre point de vue? Prenez-vous en considération ces biais cognitifs pour prendre vos décisions sur des sujets complexes? Je vous invite à commenter cet article. Co-construisons pour un monde des affaires plus humain et performant.

 

*Consultant en management, Olivier Zara est un expert en excellence décisionnelle : gestion des risques décisionnels par une approche holistique et systémique. Olivier a publié onze livres.

**Source: https://www.penser-critique.be/wp-content/uploads/2018/02/codex-biais-cognitifs.pdf

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